Tuesday, December 12, 2017

Rising temperatures put Africa’s rice production at risk

A new modeling study published today warns that the dry-season irrigated rice in West Africa’s Sahel region has reached the critical threshold of 37 degrees Celcius – the tipping point. Further temperature rise could devastate rice yields in this region due to decreasing photosynthesis at high temperatures.

This is an ominous sign as yield reductions will directly translate into severe food shortages in a highly vulnerable region. Rice has fast become the preferred food of the Sahelian countries – critical for food security and political stability of the region. Rice consumption has been increasing dramatically, mainly because of changes in eating habits and rapid population growth.

According to the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), the Sahel will experience increasingly higher average temperatures as well as changes in rainfall patterns over the course of the 21st century. These changes threaten food security and the livelihoods of the region’s predominantly rural population.

“Our model shows that without adaptation, irrigated rice yields in West Africa’s Sahel region in the dry season would decrease by about 45%, but with adaptation, they would decrease significantly less – by about 15%,” explained the lead author Dr Pepijn van Oort, Crop Modeler at Africa Rice Center (AfricaRice).

Dr van Oort clarified that it is important to keep in mind that this is a West Africa average, and that there are big differences within West Africa. “Things are better in the cooler coastal regions and a lot worse in the hotter inland sites,” he added.

“Also, more investigation is needed to understand clearly photosynthesis processes at extreme temperatures, as there has been almost no research conducted on rice at such high temperatures,” Dr van Oort cautioned. “In addition, we need to explore further adaptation options, such as shifting sowing dates more into the cold dry season.”

Although rice thrives well in hot and warm climates, high temperatures of more than 35 degrees Celcius can damage plant processes and lead to lower yields. Rice is also vulnerable to cold temperatures, which can slow growth.

The modeling study forecasts that in East Africa, rising temperatures will create new opportunities for rice. In East Africa rice is grown mostly in the highlands, which are now often too cold for the crop, and this will improve with higher temperatures. Also, rice could benefit from increased CO2. However, improved water and nutrient management will be needed to have the maximum benefit.

The study analyzed rice yield changes for four Representative Concentration Pathways (RCP) climate change scenarios comparing the 2000s with the 2070s and identified causes of yield declines.

It revealed that overall yield decline is found in all scenarios if farmers continue using the current rice varieties. But the trend becomes positive, if farmers adopt varieties that can tolerate increased temperatures.

The findings were revealed in the article by Pepijn van Oort and Sander Zwart, entitled “Impacts of climate change on rice production in Africa and causes of simulated yield changes,” published in the top journal Global Change Biology. The paper appears online on 12 December 2017 at http://dx.doi.org/10.1111/gcb.13967 

According to Dr van Oort, this is the first comprehensive study that addresses the impact of climate change on rice productivity across Africa. Projections of the likely impacts of climate change on rice yields were evaluated using the ORYZA2000 crop growth simulation model.

“This is an important milestone, because climate change effects on rice in Africa are still poorly understood and rice in Africa has until now received limited attention from the crop modeling community,” said Dr van Oort.

The research work was supported with funding from the CGIAR Research Program on Climate Change, Agriculture and Food Security (CCAFS); the CGIAR Research Program on Rice Agri-food Systems (RICE); the Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (Germany); and Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).
  

La hausse des températures menace la production rizicole en Afrique

Une étude sur la modélisation, publiée aujourd’hui, prévient que le riz irrigué de contre-saison dans la région du Sahel d’Afrique de l’Ouest a atteint le seuil critique de 37 degrés Celsius – un point déterminant. Une augmentation subséquente de la température aboutirait à la chute des rendements rizicoles dans cette région du fait de la baisse de la photosynthèse qui survient avec la hausse des températures.

Il s’agit là d’un signe inquiétant, et la baisse des rendements se traduira par une grande pénurie alimentaire dans une région très vulnérable. Le riz est devenu l’aliment préféré des pays du Sahel – capital pour la sécurité alimentaire et la stabilité politique de la région. La consommation de riz a augmenté de manière considérable principalement du fait des changements des habitudes alimentaires et de la croissance démographique rapide.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le Sahel sera confronté à des températures moyennes de plus en plus élevées, de même qu’aux changements de la pluviométrie au cours du 21e siècle. Ces changements menacent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations à majorité rurales de la région.

« Notre modèle montre que sans des mesures d'adaptation adéquates, les rendements du riz irrigué dans la région du Sahel d’Afrique de l’Ouest pendant la contre-saison vont diminuer de près de 45 %, mais avec l’adaptation ils vont diminuer significativement moins – de près de 15 % » a expliqué le premier auteur Dr Pepijn van Oort, spécialiste de la modélisation des cultures au Centre du riz pour l'Afrique (AfricaRice).

Dr van Oort a expliqué qu’il était important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une moyenne propre à l’Afrique de l’Ouest, et qu’il existe d’importantes disparités au sein même de cette région. « La situation est meilleure dans les régions côtières plus fraîches, et bien pires sur les sites plus chauds dans les zones intérieures », a-t-il ajouté.

« En outre, d’autres travaux de recherches sont requis pour comprendre le processus de photosynthèse à des températures extrêmes, car qu’il n’en existe quasiment pas sur le riz à des températures aussi élevées, » affirme Dr van Oort. « De plus, nous devons envisager plus d’options d’adaptation telles que le décalage des dates de semis jusqu’à la saison froide. »

Bien que le riz a une bonne performance dans les climats chauds, des températures supérieures à 35 degrés Celsius peuvent endommager les processus de la plante et aboutir à des rendements plus faibles. Le riz est également vulnérable aux températures fraîches qui peuvent ralentir sa croissance.

L’étude de modélisation prévoit qu’en Afrique de l’Est, la hausse des températures va créer de nouvelles opportunités pour le riz. En Afrique de l’Est, le riz est principalement cultivé sur les hautes terres qui sont actuellement souvent trop fraîches pour la culture, et cela va s’améliorer avec des températures plus élevées. Aussi, le riz pourrait bénéficier de la hausse des émissions de CO2. Cependant, une gestion améliorée de l’eau et des nutriments sera requise pour en tirer un bénéfice maximum.

L’étude a analysé les changements des rendements rizicoles pour quatre profils représentatifs d’évolution de concentration (RCP) liés au changement climatique comparant les années 2000 aux années 2070, et a identifié les causes de la baisse des rendements.

L’étude a révélé que le déclin global des rendements est présent dans tous les scénarios si les producteurs continuent d’utiliser les variétés de riz actuelles. Mais la tendance reste positive, si les producteurs adoptent des variétés qui peuvent tolérer des températures en hausse.

Les résultats ont été présentés dans l’article de Pepijn van Oort et Sander Zwart intitulé « Impacts of climate change on rice production in Africa and causes of simulated yield changes » publié dans le journal réputé Global Change Biology. L’article a paru en ligne le 12 décembre 2017 à http://dx.doi.org/10.1111/gcb.13967 

Selon Dr van Oort, c’est la première étude détaillée qui aborde l’impact du changement climatique sur la productivité du riz sur l’ensemble du continent. L’impact du changement climatique projeté sur les rendements rizicoles a été évalué en utilisant le modèle de simulation des cultures ORYZA2000.

« Il s’agit d’une avancée importante, car les effets du changement climatique sur le riz en Afrique sont encore méconnus, et le riz en Afrique n’a pas encore retenu l’attention de la communauté des spécialistes de la modélisation, » a déclaré Dr van Oort.

Les travaux de recherche ont été appuyés par le financement du Programme de recherche du CGIAR sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS), le Programme de recherche du CGIAR sur les systèmes agroalimentaires riz (RICE), le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (Allemagne), et Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Friday, December 8, 2017

AfricaRice and CNRA strengthen capacity of women rice processors in Côte d’Ivoire

Women rice processors from Bouaké and Gagnoa, Côte d’Ivoire, undergoing a training course on the use of the GEM rice-parboiling system, 4-8 December 2017, at AfricaRice Research Station in M’bé near Bouaké, showed keen interest in learning about improved parboiling and turning it into a profitable enterprise.

“Everything that we have learned here about parboiling is new for us. We will use this knowledge and the GEM technology to produce high-quality parboiled rice and we hope that one day we can invite our President to relish our parboiled rice,” said Mrs Camara Assetou, head of the women’s cooperative SCOOPS FG, Bouaké.

The training was the direct result of a consultation meeting held by AfricaRice, CNRA and ANADER with rice value-chain actors in Bouaké and Gagnoa in May 2017, during which rice parboiling was identified as an important activity performed by women groups. It was also clear from the consultation meeting that the women processors were using rudimentary methods and equipment, leading to very poor quality parboiled rice

Based on the feedback from the consultation meeting, AfricaRice in partnership with CNRA organized the training course on improved rice parboiling technology to strengthen the capacity of selected women rice processors, who would serve as resource persons and trainers of their peers.

The training was led by Dr Sali Ndindeng, AfricaRice Grain Quality and Postharvest Technology Scientist. The sessions were chaired by CNRA representatives, Prof. Jean Nemlin, Director of Research and Lead of CNRA Post-harvest technologies and Central Laboratories and Dr Ernest Depieu, Systems Agronomist.

The main objectives of the course were the following:
  1. Use of AfricaRice’s GEM (Grain quality enhancer, Energy-efficient and durable Material) rice-parboiling system to improve the quality of rice and fuel-use efficiency,
  2. Use of rice husk as an alternative to wood fuel for rice parboiling, and
  3. Initiation of innovation platforms to link farmers, parboilers and millers in the respective zones 

The training course included both seminars and hands-on opportunities for all trainees. The topics covered among others (1) General introduction to rice grain quality; (2) Role of parboiling in improving rice grain quality; (3) Introduction to GEM; (4) Use of rice husk as fuel; (5) Innovation platforms.

The practical sessions included all the stages of GEM technology from washing, soaking, parboiling, drying and milling rice as well as the use of the rice husk gasifier.


The training was organized within the framework of the CGIAR Research Program on Rice Agri-food Systems (RICE) Flagship Project 2 ‘Upgrading rice value-chain in Africa’ and the West African Economic and Monetary Union (UEMOA) program on “Appui technique aux programmes de mise en œuvre des Grandes orientations de la Politique Agricole de l'Union (PAU) en vue de la relance du secteur rizicole en Afrique de l'Ouest”.




Audiopodcast : 

Dr Sali Ndindeng, AfricaRice Grain Quality and Postharvest Technology Scientist summarizing the training course on "Improved rice parboiling"

Dr Sali Ndindeng, Chercheur d’AfricaRice sur la Qualité des grains et technologies post-récolte donne un rapport synthétique sur le cours de formation sur "L'étuvage amélioré du riz"

Prof. Jean Nemlin, Director of Research and Lead of CNRA Post-harvest technologies and Central Laboratories speaking on the importance of parboiling in Côte d’Ivoire

Dr Ernest Depieu, CNRA Systems Agronomist talking on the potential of improved parboiled rice in Côte d’Ivoire

Mrs Camara Assetou, head of the women’s cooperative SCOOPS FG, Bouaké speaking of the benefits of the training course on "Improved rice parboiling"

Mrs Soro Adjaratou, Women parboiler from Gagnoa, speaking of the benefits of the training course on "Improved rice parboiling"

Monday, December 4, 2017

AfricaRice and FAO conduct a training workshop on new statistical methods for surveys on rice in Hohoe, Volta Region, Ghana


AfricaRice and FAO conduct a training workshop on new statistical methods for surveys on rice in Hohoe, Volta Region, Ghana. As part of this, a training workshop on new statistical methods for surveys on rice for food security was organized, 6-8 November 2017, Hohoe, Volta Region at Hohoe in Ghana.

AfricaRice and FAO with support from the Japanese government are helping national authorities of Ghana to improve rice statistics for food security. As part of this, a training workshop on new statistical methods for surveys on rice for food security was organized at Hohoe in Ghana. 

The training workshop introduced participants to two new survey methods, namely dot sampling method and list frame method with actual measurement to improve the data collection and analysis methods. A pilot survey was organized in the Volta region in Ghana to help the participants master the two new survey methods. 

Participant were also trained in the use of the survey solution application for data collection on tablet. Participants included national officers and enumerators from the Statistics, Research and Information Directorate of the Ministry of Food and Agriculture (SRID/MOFA), Directorate of Crop Service (DCS/MOFA) and representatives of the Agriculture Department of five Districts (Hohoe, Kajebi, Afadzato, Jazikan and Biakoye). In total, 52 persons (including four women) comprising 22 officers and 30 enumerators participated in the training. 

Wednesday, November 22, 2017

E-learning for youth involvement in agriculture

Contributed by Bruno Tran and Marc Bernard, 
Green Innovation Center for the Agriculture and Food Sector (CIVA) at AfricaRice-Cotonou

If you want to train a large number of people, the Internet is a very powerful medium. If you want to reach young, educated people, the Internet is a must in many parts of the world, including Africa. If you can develop courses that are relevant, attractive and interactive, as well as informative and technically sound, then deciding to produce and offer e-learning courses is a no-brainer.

This is what the CIVA Vocational Training Team at AfricaRice is doing.

CIVA – which stands for « Centre d’Innovations Vertes pour le secteur Agro-alimentaire » (Green Innovation Center for the Agriculture and Food Sector) – is part of the German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ) special initiative on  'One World - No Hunger.'

With support from GIZ and funding from BMZ, we came together as a small team, selected an IT solution, set up an Internet platform, designed procedures and processes for the development of vocational training courses, and started building our portfolio of courses. We work with an ethical IT consultancy firm who are hosting the platform, maintaining and managing it in a very active and responsive manner, allowing us to offer a seamless management of both courses and students.

In Cotonou, AfricaRice manages several projects for CIVA with the objective of increasing the income of small farming enterprises, boost employment and improve regional food supply through the dissemination of agricultural and food production innovations.

We specifically want to achieve these objectives by promoting rural employment for youth, in agriculture and related sectors. In our projects, we work with the 10 Agricultural Colleges in Benin, and offer their students free access to purpose-built e-learning courses that top up their training and better prepare them to work with farmers as advisers or to set up their own business in rural parts of the country. We offer some of these young people valuable field experience and a role to play in the dissemination of farming innovations.

Internet penetration in Africa is already reaching levels where it can be usefully leveraged. Cities are well connected, cybercafés are available across countries, and mobile data is becoming affordable to many. However, even with this current Internet revolution in Africa, Benin, like many other African countries, can suffer from Internet connectivity that is not yet sufficiently and/or widely available to reach everyone.

To ensure we can work in rural areas of the country, we equipped 120 young people with whom we work this year with locally-sourced 7-inch Android tablets they can use to manage their work in the field and to access the Internet where there is a Wi-Fi connection. We also opened 21 offices across the country where our young people can use a mobile data router enabled Wi-Fi connection to study our courses.
 
The e-learning courses are also available to other students, extension workers, farmers’ union staff etc. We have now produced over 40 courses, with more than 20 others in development, have registered over 1,000 students, with over 400 of them actively studying our courses to-date, and over 4,000 course certificates have been delivered. The courses are currently in French, but we are starting to translate them into English for use in other countries.

We have courses on agricultural production, transformation and mechanization, on maize, rice, soya, palm oil, shea nut, cashew, poultry, etc. We have courses on creating a small-scale business, accountancy, gender and climate-change mitigation, and also released a course about the fall armyworm, following this year’s nationwide worry:


We manage our courses and students’ registration on the Moodle platform (the open-source learning management system used by over 100 million learners world-wide https://moodle.net/stats/), and on an Android tablet or smartphone, the courses can be downloaded and then studied off-line, which offers much needed flexibility.

Our e-learning platform is on http://elearning.afris.org and there are two “taster” courses you can take without registering, one introduces students to our courses and how to study them, their structure and navigation, the other is an advert for our approach and our courses, and teaches you how to make “crêpes” (French pancakes). If you want to access the courses we offer to our young students, drop us an email on elearning@afris.org and we’ll be happy to give you a login.

You can read more about AfricaRice on:  http://www.africarice.org/
And on the Green Innovation Centers on: https://www.giz.de/en/worldwide/32209.html

The projects are supported by the GIZ programs ‘Innovation Transfer into Agriculture – Adaptation to Climate Change’ financed by the ‘Energy and Climate Fund’ and the ‘Green Innovation Centers for the Agriculture and Food Sector in Benin’ within the special initiative ‘One World - No Hunger’, financed by the German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ).

Tuesday, October 31, 2017

AfricaRice-Senegal trains ANCAR agricultural advisory service providers in rice production techniques

As part of a partnership between AfricaRice and the National Agricultural and Rural Advisory Agency of Senegal (ANCAR) to support the rice sector, 25 advisory service providers of ANCAR were trained in integrated rice crop management techniques, from 16 to 26 October 2017, at the AfricaRice Regional Training Center in Senegal.

ANCAR agricultural advisory service providers play a pivotal role in serving the information and technology needs of farmers in Senegal. The AfricaRice training course aimed to provide the advisory agents with the latest information on principles and practices of integrated rice crop management.

The hands-on course covered topics relating to rice production, integrated crop management, crop protection, seed production, storage and distribution techniques and agricultural advisory support techniques, among others.

The training program will help the agents to disseminate the knowledge gained to rice farmers in Senegal, leading to increased productivity and competitiveness of the rice value chain.

La Plateforme d’innovation (PI) dans la chaîne de valeur du riz crée des emplois, génère des revenus et sécurise les aliments à Bantè, au Bénin

Article de l’équipe du volet riz de SARD-SC
(Abiba Omar, Josey Kamanda et Sidi Sanyang)

Diplômé en comptabilité et en management, Loki Charles Cocou, 29 ans, a travaillé à temps partiel en tant qu’enseignant et a dispensé des cours à domicile à Cotonou, au Bénin. Cependant, ses revenus ne lui permettaient pas de subvenir aux besoins de sa femme et de ses trois enfants. Par conséquent, il est retourné à Bantè, son village, qui se situe dans le Centre du Bénin à près de 292 km de Cotonou.

La plupart des paysans de Bantè produisent de l’igname et du maïs pour la vente et pour leur consommation personnelle, de même que le coton et le cajou en tant que cultures de rente. Jusqu’à récemment, le riz a été produit à petite échelle et les riziculteurs n’étaient pas organisés en coopératives de producteurs.

De retour dans son village, Loki a cultivé du riz et, avec l’appui de l’organisation non gouvernementale « Entreprise territoire et développement » (ETD), il a rejoint le « Réseau des entreprises de services et organisations de producteurs » (RESOP) et a commencé la transformation de riz dans le cadre de dispositions contractuelles avec les riziculteurs.

Cependant, les rendements étaient faibles (en moyenne 2 tonnes par hectare), la qualité de paddy fournie par les producteurs était médiocre et la qualité de son riz usiné n’était assez bonne pour le marché. Par conséquent, étant donné que ses profits ne lui permettaient pas de payer ses dettes à temps et de prendre en charge les frais de scolarité de ses enfants, et de couvrir les charges de sa famille, il fut contraint de quitter le RESOP.

En 2014, AfricaRice et l’Institut national de recherche agricole du Bénin (INRAB) ont établi une plateforme d’innovation de la chaîne de valeur du riz (PI) à Bantè composée de producteurs de semences de riz, de revendeurs d’intrants, de riziculteurs, d’agents de vulgarisation, d’ONG, d’usiniers de riz, de décideurs politiques, d’institutions de microfinance, de commerçants, de transporteurs, d’agents des médias et de la recherche.

Les membres des PI ont été sensibilisés au besoin de travailler ensemble pour aborder les défis auxquels ils sont confrontés. AfricaRice a formé les riziculteurs à la production de semences de qualité et aux bonnes pratiques agricoles (BPA) et a fourni des semences de qualité de variétés de riz améliorées, des équipements pour la culture et la transformation (motoculteurs, batteuses et équipements d’usinage).

Encouragé par l’agent de vulgarisation local, le facilitateur de l’IP et les ONG locales, de nombreux producteurs ont rejoint la PI et adopté de nouvelles techniques de culture. Les résultats ont été tout de suite impressionnants : les rendements rizicoles ont augmenté passant de 4 à 5 tonnes par hectare. Cela a renforcé la confiance de Loki qui créa sa propre entreprise de transformation de riz appelée « Entreprise de transformation du riz du Bénin’ (ETRARIZ).

Loki Charles utilise l’équipement d’usinage
L’entreprise ETRARIZ achète le paddy auprès des producteurs et engage des femmes qui le trient pour se débarrasser des impuretés. Le paddy est par la suite usiné pour le débarrasser de la balle, poli et trié selon les catégories suivantes : long grain, grain de taille moyenne et riz brisé.

À la fin de ce processus, les femmes enlèvent les grains malades du riz usiné et conditionnent le produit fini en sacs de 1,5, 10 et 25 kg. Le riz est vendu sous la marque « IBILE » sur les marchés locaux et régionaux.

L’entreprise de Loki engage 5 employés permanents et 4 agents temporaires. Grâce à l’utilisation de l’équipement d’usinage qu’AfricaRice a fourni à l’IP, la qualité de son riz usiné s’est significativement améliorée et son riz peut à présent concurrencer favorablement le riz importé. AfricaRice a également sponsorisé sa participation à des foires pour promouvoir ses produits.

En 2016, il a transformé près de 300 tonnes de paddy et engrangé un bénéfice net de plus de 1 600 000 FCFA (près de 2 880 $US). Son activité est à présent rentable et a enrichi sa famille et apporté des opportunités. Fort de ce succès, Loki prévoit d’augmenter la capacité de son unité de transformation à 500 tonnes d’ici 2018.

Selon Loki, la mise en œuvre de l’approche de la PI est très louable. « Nous avons été formés aux bonnes pratiques agricoles, au leadership, et aux dispositions contractuelles et reçu de bons équipements. À présent, nous travaillons ensemble et améliorons nos résultats. Cela a apporté un grand changement dans les conditions de vie de ma famille et dans l’éducation de mes enfants ».

Loki est l’un des milliers d’acteurs des PI qui ont bénéficié du projet financé par la Banque africaine de développement (BAD) « Appui à la recherche pour le développement agricole des denrées stratégiques en Afrique » (SARD-SC) dont le volet riz est mis en œuvre par AfricaRice.

Outre son appui aux riziculteurs, aux producteurs de semences et aux usiniers, le projet SARD-SC a également aidé les transformatrices de riz à améliorer la qualité de leur riz étuvé en utilisant de bonnes pratiques d’étuvage et les équipements d’étuvage améliorés.


Plus de 745 étuveuses de trois villages au Bénin (Ajante, Agoua et Bantè) sont membres de la PI de Bantè. En juillet 2017, la PI de Bantè comptait 1 822 membres dont 41 % de femmes.

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Wednesday, October 25, 2017

Innovation platform (IP) in rice value chain creates jobs, generates income, and secures food in Bantè, Benin

Article contributed by SARD-SC ‘Rice component’ team members
(Abiba Omar, Josey Kamanda and Sidi Sanyang)

After graduating in accountancy and management, 29-year old Loki Charles Cocou worked as a part-time teacher and gave private lessons at home in Cotonou, Benin. However, his income was insufficient for the needs of his wife and three children. Consequently, he returned to Bantè, his home village, located in the center of Benin, about 292 km from Cotonou.

Most farmers in Bantè produce yam and maize for sale and subsistence, as well as cotton and cashew as cash crops. Until recently, rice was produced on a small scale and rice farmers were not organized into farmer cooperatives.

After returning to his village, Loki grew rice and, with support from the non­governmental organization ‘Enterprise territoire et développement’ (ETD), he joined the rice entrepreneurs network ‘Réseau des entreprises de services et organisations de producteurs’ (RESOP) and started to process rice under contractual arrangements with rice farmers.

However, yields were low (average of 2 tons per hectare), the quality of paddy supplied by farmers was poor, and the quality of his milled rice was not good enough for the market. Consequently, as his profit was insufficient to repay his loans on time, pay his children’s school fees, and cover the cost of living of his family, he was obliged to leave RESOP.

In 2014, Africa Rice Center (AfricaRice) and the national agricultural research institute ‘Institut national de recherche agricole du Bénin’ (INRAB) established a rice value chain innovation platform (IP) in Bantè with members comprising rice seed producers, input dealers, rice farmers, extension agents, NGOs, rice millers, policy makers, microfinance institutions, traders, transporters, research and media operatives.

IP members were sensitized on the need to work together to address their challenges. AfricaRice trained rice farmers on quality seed production and good agricultural practices (GAPs) and provided quality seed of improved rice varieties, farming and processing equipment (power tillers, threshers and milling machines).

Loki Charles using the milling machine
Encouraged by the local extension agent, IP facilitator and local NGOs, many farmers joined the IP and adopted new cropping techniques. The results were immediate and amazing: rice yields increased to 4-5 tons per hectare. This boosted Loki’s confidence and he created his own rice processing enterprise called ‘Entreprise de transformation du riz du Bénin’ (ETRARIZ).

The ETRARIZ enterprise purchases paddy from farmers and engages women to clean it to get rid of the impurities. The paddy is then milled to remove husks, polished and sorted into long grain, medium-sized grain and broken rice.

At the end of this process, the women remove diseased grains from the milled rice and pack the finished products into bags of 1, 5, 10 and 25 kg. The rice is sold under the brand name “IBILE” in local and regional markets.

Loki’s enterprise employs five permanent staff and four temporary staff. With the use of the milling machine provided to the IP by AfricaRice, the quality of his milled rice significantly improved and his rice can now compete favorably with imported rice. AfricaRice has also supported his participation in fairs to promote his products.

In 2016, he processed about 300 tons of paddy and made a net profit of more than 1,600,000 FCFA (about US$ 2,880). His business is now profitable and has brought in wealth and opportunities to his family. Based on this success, Loki is planning to expand the capacity of his rice processing unit to 500 tons by 2018.

According to Loki, the implementation of the IP approach is an excellent thing. “We received training in good agricultural practices, leadership, and contractual arrangements and received good equipment. Now we work together and improve our outputs. It has brought a big change in the living conditions of my family and education for my children".

Loki is one of the thousands of IP stakeholders who have benefited from the African Development Bank (AfDB)-funded project ‘Support to Agricultural Research for Development of Strategic Crops in Africa’ (SARD-SC), for which the rice component is implemented by AfricaRice.

In addition to its support to farmers, seed producers and millers, the SARD-SC project also helped women rice processors to improve the quality of their parboiled rice using good parboiling practices and improved parboiling equipment.

Over 745 women parboilers from three villages in Benin (Ajante, Agoua, and Bantè) are members of the Bantè IP. As of July 2017, the Bantè IP had 1,822 members, 41% of which were women.
 

Thursday, August 3, 2017

Nigeria releases AfricaRice “flood-tolerant” rice strains

In a major breakthrough for Nigeria, which is subject to recurrent and devastating flooding, two high-yielding flood-tolerant rice varieties developed by the Africa Rice Center (AfricaRice) – FARO 66 and FARO 67 – have been officially approved for cultivation. 

The flood-tolerant varieties were selected based on farmers' rankings and results of on-station, multilocation and on-farm trials conducted in partnership with the National Cereals Research Institute (NCRI) and the National Rice and Maize Center (NRMC). 

“For the first time in Nigeria, vulnerable rice farmers in flood-prone areas will have access to this powerful innovation,” said Dr Ramaiah Venuprasad, AfricaRice lowland rice breeder, who led the team that achieved this feat. Rainfed lowlands occupy more than 70% of total rice area in Nigeria and are prone to recurrent flooding caused by heavy rainfall or overflow of nearby rivers.

Yield losses resulting from flooding may range from 10% to total crop loss. In 2012, when Nigeria experienced the worst flooding in 40 years, floods reduced rice production by about 22%. Flooding is expected to be increasingly problematic under global warming, as studies by AfricaRice on future rice climates project massive increases in overall precipitation in north and northwest Nigeria. 

Most rice varieties can get severely damaged or killed within a week of severe flooding. “Depending on the intensity of flooding, it can reduce yield, it can prolong the growth duration and in extreme cases, it can cause total crop loss,” said Dr Venuprasad. “We have seen this happen in many places in Nigeria.”

Dr Venuprasad explained that the only possible solution to tackle this problem is the use of flood-tolerant varieties. His team used marker-assisted breeding to introduce into popular Nigerian rice varieties a gene, called ‘SUB1’, which confers to rice plants the ability to tolerate complete short-term submergence.

This technique has been very successfully used in Asia to upgrade popular Asian rice varieties with submergence tolerance. For instance, Swarna-Sub1 (popularly named the ‘scuba rice’) is the first submergence-tolerant high-yielding rice variety developed in Asia that was released in 2009. It is grown by more than 1.3 million farmers in India.

Thanks to the achievement by Dr Venuprasad’s research team, rice farmers in Africa can now benefit from the SUB1 technology. Dr Venuprasad explained that initial efforts to introduce the SUB1 varieties directly from Asia were unsuccessful as these varieties were not locally adaptable. AfricaRice therefore decided to upgrade locally adapted popular rice varieties for submergence tolerance.

Highlighting the advantages of the flood-tolerant varieties developed for Nigeria, Dr Venuprasad said, “Compared to their parents, in addition to submergence tolerance, they have higher yield potential and suitable growth duration and height.” Like their parents, they have good grain quality with medium-long slender grains and are moderately tolerant to iron toxicity.

Under submergence, FARO 66 can yield about 80 times higher than its parent FARO 52, which cannot survive this condition. “This makes FARO 66 a clear alternative for planting in flood-prone areas,” said Dr Venuprasad. Even under non-submergence conditions, FARO 66 showed a yield advantage of about 6-11% in multilocation and on-farm trials. It matures a week earlier than its parent.

Similarly, FARO 67 can yield at least 10 times higher than its parent FARO 60 under submergence. Under non-submergence conditions, FARO 67 showed yield advantage of 10-29% in on-station, multilocation and on-farm trials. It was favored by farmers for its height and larger quantity of biomass that can be used as livestock feed or as mulch to improve crop yields.

The flood-tolerant varieties are thus a result of precision breeding and are not genetically modified organisms. As they provide farmers with protection against short-term flooding and serve as a type of ‘insurance policy,’ farmers can feel reassured and invest in agricultural inputs such as fertilizer, leading to higher rice yields.

Dr Venuprasad gratefully acknowledges that partnership with national agricultural systems such as NCRI and NRMC and with international institutes, such as the International Rice Research Institute (IRRI), has been a key factor in the development of the flood-tolerant varieties for Nigeria. 

The work on the development of the flood-tolerant varieties for Nigeria was supported by theBill & Melinda Gates Foundation-funded ‘Stress-tolerant rice for Africa and South Asia’ project led by IRRI. The Asian SUB1 lines from IRRI were used as donor lines of SUB1 gene as part of this project.

The testing of the flood-tolerant varieties in Nigeria was supported by the United States Agency for International Development-funded ‘Seed scaling’ project, the African Development Bank-funded ‘Support to agricultural research for development of strategic crops in Africa’ project and the Bill & Melinda Gates Foundation-funded ‘Rapid mobilization of alleles for rice cultivar improvement in sub-Saharan Africa’ project.

The main challenge now is to produce enough quantities of seed of these varieties and get those seeds quickly into the hands of Nigerian farmers. “There is already a lot of interest in getting seed of the flood-tolerant varieties,” said Dr Venuprasad. A roadmap to multiply and distribute seeds to farmers with the help of government agencies and private seed companies is being developed.

The potential for impact of these flood-tolerant varieties is huge in Nigeria, which is the largest producer of rice in West Africa and the second largest importer of rice in the world. Rice is an important food security crop as well as an essential cash crop in the country. 

The submergence-tolerant rice varieties are also being tested through the Africa-wide Rice Breeding Task Force for their adaptability to other African countries that are flood-prone. Five potential flood-tolerant varieties are under testing in Madagascar. 

Attaining self-sufficiency in rice production is an important goal of many African countries, including Nigeria. The flood-tolerant varieties can contribute to achieving this goal by boosting rice production and helping reduce dependence on costly rice imports.

Le Nigeria homologue des variétés de riz d’AfricaRice « tolérantes aux inondations »

Dans une percée technologique au Nigeria, qui connaît des inondations récurrentes et dévastatrices, deux variétés de riz à haut rendement, tolérantes aux inondations mises au point par le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) – FARO 66 et FARO 67 – ont été officiellement homologuées.

Les variétés tolérantes aux inondations ont été sélectionnées sur la base des notations de préférences des producteurs et des résultats des tests en station, multi sites et au champ effectués en partenariat avec l’Institut national de recherche sur les céréales (NCRI) et le Centre national pour le riz et le maïs (NRMC).

« Pour la première fois au Nigeria, les riziculteurs vulnérables des zones inondables auront accès à cette innovation très efficace, » a déclaré Dr Ramaiah Venuprasad, sélectionneur de riz de bas-fond à AfricaRice qui a dirigé l’équipe qui a obtenu ce résultat.

Les bas-fonds pluviaux représentent plus de 70 % des superficies totales emblavées en riz au Nigeria et sont exposés à des inondations récurrentes causées par de fortes pluies ou par le débordement de fleuves en crue à proximité.

Les pertes de rendement qui résultent des inondations peuvent aller de 10 % à la perte totale de la récolte. En 2012, lorsque le Nigeria a connu les pires inondations de ces quarante dernières années, les inondations ont causé une chute de la production rizicole de près de 22 %.

Les inondations pourraient être de plus en plus problématiques dans un contexte de réchauffement climatique mondial, car les études menées par AfricaRice sur les effets futurs du climat sur la riziculture projettent des augmentations massives des précipitations au Nord et au Nord-Ouest du Nigeria.

Au bout d’une semaine de graves inondations, la plupart des variétés de riz peuvent être gravement endommagées ou mourir. « Selon l’intensité des inondations, elles peuvent réduire les rendements, prolonger la durée de la croissance, et dans des cas extrêmes, anéantir totalement les cultures, » a affirmé Dr Venuprasad. « Cela s’est produit dans de nombreuses régions du Nigeria. »

Dr Venuprasad a ajouté que la seule solution possible pour aborder ce problème est d’utiliser des variétés tolérantes aux inondations. Son équipe a utilisé la sélection assistée par marqueurs pour introduire dans des variétés de riz nigérianes populaires un gène, appelé ‘SUB1’ qui confère aux plants de riz la tolérance à la submersion totale à court terme.

Cette technique a été utilisée avec franc succès en Asie en vue d’améliorer des variétés de riz populaires dotées de la tolérance à la submersion. Par exemple, Swarna-Sub1 (communément appelé ‘scuba rice’) est la première variété de riz à haut rendement tolérante à la submersion mise au point en Asie et homologuée en 2009. Plus de 1,3 million de producteurs cultivent cette variété en Inde.

Le succès de l’équipe de recherche de Dr Venuprasad permettra aux riziculteurs d’Afrique de bénéficier à présent de la technologie du gène SUB1. Dr Venuprasad a expliqué que les premières tentatives d’introduction des variétés SUB1 directement de l’Asie ont échoué, car ces variétés ne s’adaptaient pas localement. AfricaRice a alors décidé d’améliorer des variétés populaires adaptées aux conditions locales.

Soulignant les avantages des variétés tolérantes aux inondations mises au point pour le Nigeria, Dr Venuprasad a déclaré, « comparées à leurs parents, outre la tolérance à la submersion, leur potentiel de rendement est plus élevé. Elles se caractérisent aussi par une durée de croissance et une hauteur appropriées. » Tout comme leurs parents, ces variétés tolérantes ont des grains moyennement longs et fins, et présentent une tolérance modérée à la toxicité ferreuse.

En condition de submersion, FARO 66 peut avoir un rendement 80 fois plus élevé que celui de son parent FARO 52, qui ne peut pas survivre dans ce milieu. « Cela fait de FARO 66 une alternative avérée pour le semis dans des zones inondables, » a déclaré Dr Venuprasad. Même en condition de non-submersion, FARO 66 a présenté un avantage en termes de rendement de près de 6–11 % lors des essais multi sites et des essais au champ. Cette variété arrive à maturité une semaine avant son parent.

De même, FARO 67 a un rendement 10 fois plus élevé que celui de son parent FARO 60 en condition de submersion. Même en condition de non-submersion, FARO 67 a présenté un avantage en termes de rendement de près de 10–29 % lors des essais multi sites et des essais au champ. Les producteurs l’ont préféré du fait de sa hauteur et de la biomasse plus importante qui peut être utilisée comme fourrage ou paillis pour augmenter les rendements des cultures.

Les variétés tolérantes aux inondations résultent ainsi de la sélection de précision et ne sont pas des organismes génétiquement modifiés. Elles protègent les producteurs des périodes de courtes inondations et servent de garantie ; les producteurs sont rassurés et investissent dans des intrants agricoles tels que les engrais, ce qui donne des rendements rizicoles plus élevés.

Dr Venuprasad reconnaît qu’un facteur clé de ce succès a été le partenariat avec les systèmes nationaux de recherche agricole tels que NCRI et NRMC et avec les instituts internationaux tels que l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI).

Le développement des variétés tolérantes aux inondations pour le Nigeria a été appuyé par le Projet « Riz tolérant au stress pour l’Afrique et l’Asie du Sud » financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et dirigé par l’IRRI. Les lignées asiatiques SUB1 de l’IRRI ont été utilisées comme lignées donneuses du gène SUB1 dans le cadre de ce projet.

Les tests des variétés tolérantes aux inondations au Nigeria ont été appuyés par le projet « Seed scaling » financé par l’Agence américaine pour le développement international, le projet « Appui à la recherche agricole pour le développement de denrées stratégiques en Afrique » financé par la Banque africaine de développement et le projet « Mobilisation rapide des allèles pour l’amélioration des cultivars de riz en Afrique subsaharienne » financé par la Fondation Bill & Melinda Gates.

Le principal défi à présent est de produire suffisamment de semences de ces variétés et d’approvisionner rapidement les producteurs nigérians. « Il existe déjà un engouement pour les semences de variétés tolérantes aux inondations, » a affirmé Dr Venuprasad. Une feuille de route relative à la multiplication et à la distribution des semences aux producteurs avec l’aide des agences du gouvernement et des sociétés semencières privées est en cours d’élaboration.

L’impact potentiel de ces variétés tolérantes aux inondations est considérable au Nigeria, qui est le plus grand producteur de riz en Afrique de l’Ouest, et le second plus grand importateur de riz dans le monde. Le riz est un aliment important pour la sécurité alimentaire et aussi une culture de rente incontournable dans le pays.

Les variétés de riz tolérantes à la submersion sont également testées à travers le Groupe d’action sélection rizicole à l’échelle de l’Afrique pour leur capacité d’adaptation dans d’autres pays africains sujets aux inondations. Cinq variétés potentiellement tolérantes aux inondations sont en train d'être testées à Madagascar.

Parvenir à l’autosuffisance en production de riz est un important objectif de nombreux pays africains, y compris le Nigeria. Les variétés tolérantes aux inondations peuvent contribuer à atteindre cet objectif en boostant la production rizicole et en contribuant à réduire la dépendance à l'égard d'importations de riz de plus en plus coûteuses.